Quels sont les effets concrets des projets alimentaires territoriaux (PAT) sur l’agriculture, l’environnement, la santé et l’économie locale ? Une étude réalisée par le BASIC pour le compte de l’ADEME, publiée dans la Librairie ADEME, apporte de premiers éléments de réponse chiffrés à partir de cinq PAT français.
Mesurer les effets des PAT pour mieux comprendre leur contribution aux transitions
Depuis leur inscription dans la loi en 2014, les projets alimentaires territoriaux se sont progressivement développés en France. En avril 2026, 444 PAT étaient recensés à l’échelle nationale, avec des actions aussi diverses que la relocalisation de l’alimentation, la préservation du foncier agricole, l’approvisionnement de la restauration collective ou encore la lutte contre le gaspillage et la précarité alimentaires.
Si plusieurs travaux ont déjà mis en évidence leur contribution aux transitions agricoles et alimentaires, les résultats disponibles restent encore largement qualitatifs.
C’est dans ce contexte que l’ADEME a confié au BASIC (Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne), une coopérative spécialisée dans l’analyse des impacts sociaux et environnementaux des modes de production et de consommation, la réalisation d’une étude visant à mieux quantifier les effets des PAT.
Conduite entre décembre 2025 et avril 2026, cette étude cherche notamment à répondre à une question : dans quelle mesure les PAT contribuent-ils concrètement aux transitions économiques, sociales, sanitaires et environnementales des territoires ?
Pour y répondre, les auteurs se sont appuyés sur cinq PAT aux profils variés : Rennes Métropole, la Métropole de Lyon, la Communauté de communes du Val de Drôme en Biovallée, la Métropole Aix-Marseille-Provence et le PETR du Pays d’Arles, ainsi que la commune de Mouans-Sartoux.
Des résultats concrets sur l’environnement, l’économie et l’alimentation
Les résultats présentés mettent en évidence plusieurs effets positifs des actions conduites dans ces territoires.
Sur le plan environnemental, l’étude estime notamment que les actions de réduction du gaspillage alimentaire et de diversification des sources de protéines dans les cantines scolaires ont permis d’éviter 6 171 tonnes équivalent CO₂ en 2025. Elle souligne également le rôle des PAT dans la préservation du foncier agricole et le développement de l’agriculture biologique.
Sur le plan économique, les cinq PAT étudiés ont contribué à générer plus de 7 millions d’euros de retombées économiques locales, notamment grâce à l’approvisionnement des cantines auprès des producteurs de leurs territoires.
La réduction du gaspillage alimentaire constitue également un levier important. Les actions étudiées auraient permis d’éviter le gaspillage de 1 132 tonnes de denrées alimentaires en 2025, représentant environ 11 millions d’euros d’économies.
L’étude met par ailleurs en évidence les effets des PAT sur les pratiques alimentaires. À Mouans-Sartoux, par exemple, le gaspillage alimentaire dans les cantines scolaires a diminué de 70 % entre 2010 et 2024. D’autres démarches, comme l’amélioration de la qualité des repas ou la distribution de paniers solidaires, illustrent la diversité des leviers mobilisés pour accompagner l’évolution des habitudes alimentaires.
Des bénéfices qui dépassent les moyens engagés
L’un des enseignements intéressants de cette étude concerne le rapport entre les moyens consacrés à l’animation des PAT et les bénéfices économiques observés.
Selon les estimations du BASIC, chaque euro consacré annuellement à l’animation d’un PAT peut générer entre 2 et 5 euros de valeur économique relocalisée sur le territoire, grâce au développement de débouchés pour l’agriculture locale.
Concernant la lutte contre le gaspillage alimentaire, les économies estimées peuvent atteindre entre 8 et 16 euros pour chaque euro consacré à l’animation des PAT concernés.
Ces résultats illustrent l’intérêt de considérer l’animation territoriale non seulement comme une dépense de fonctionnement, mais aussi comme un moyen de mobiliser les acteurs et d’accompagner des transformations concrètes du système alimentaire.
Une première évaluation encourageante, à poursuivre
Les auteurs rappellent toutefois que ces résultats reposent sur un échantillon limité de cinq PAT, sélectionnés notamment pour leur diversité et la disponibilité de données permettant de mesurer leurs impacts. Ils ne peuvent donc pas être généralisés directement à l’ensemble des PAT français.
Cette étude constitue néanmoins une première contribution importante à la mesure de leurs effets. Elle montre que les démarches alimentaires territoriales peuvent produire des résultats mesurables, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les travaux de suivi et d’évaluation.
Dans un contexte de contraintes budgétaires pour les collectivités et les acteurs territoriaux, ces premiers résultats apportent des éléments utiles pour mieux comprendre, valoriser et accompagner les actions conduites par les PAT.
Pour aller plus loin : Retrouvez l’étude L’impact des projets alimentaires territoriaux, réalisée par le BASIC pour le compte de l’ADEME, dans la Librairie ADEME.
Dernière modification le 29 octobre 2026 par Hugo – Animation Réseau PARTAAGE

