Renforcement de la stratégie alimentaire territoriale : le cas de la ville et Eurométropole de Strasbourg

En 2021, la Ville et Eurométropole de Strasbourg (EMS) ont souhaité élargir et approfondir les champs d’actions de leur Projet Alimentaire Territorial. Accompagnée par des étudiants de l’institut ECO-Conseil, l’agglomération de Strasbourg partage aujourd’hui son approche pour en faire bénéficier les autres territoires impliqués dans une démarche de transition alimentaire.

Contexte : un Projet Alimentaire Territorial labellisé depuis 2017

Depuis 2010, des initiatives encadrées dans une convention de partenariat entre l’EMS, la Chambre d’Agriculture d’Alsace et Bio en Grand Est renforcent la politique agricole de la collectivité. En 2017, l’EMS obtient la labellisation Projet Alimentaire Territorial (PAT), avec deux volets principaux : le soutien à l’agriculture périurbaine d’une part, et la thématique santé d’autre part. Ces deux champs d’actions, bien que très dynamiques, n’étaient pas articulés dans une gouvernance alimentaire proprement dite.

Objectifs : élargir et renforcer les champs d’action du PAT

La nouvelle équipe élue arrivée en 2020 a déclaré vouloir signer le Pacte de Milan, qui invite les villes du monde à développer des politiques agroécologiques et alimentaires novatrices pour nourrir la planète de façon saine, et accessible à tous. Cet objectif s’inscrivait naturellement dans le renouvellement du PAT, l’élargissement aux différentes thématiques du Programme National pour l’Alimentation ainsi que la construction d’une véritable gouvernance alimentaire.

Fig. 1 : Evolution du PAT de la Ville et Eurométropole de Strasbourg

Méthode : intelligence collective, entretiens et cartographies

Voici les principales étapes menées sur une durée de 3 mois :

  • Réunion interservices pour rassembler une première fois les différentes équipes de l’EMS, présenter les objectifs de la mission et introduire la phase de collecte d’information ;
  • Diagnostic des flux alimentaires : recensement des indicateurs pertinents, collecte des données disponibles, analyse et synthèse des résultats ;
  • Entretiens thématiques externes : conduite d’une quinzaine d’interviews avec les agents de la collectivité pour cartographier l’ensemble des actions en lien avec l’alimentation et faire ressortir les coopérations existantes ;
  • Entretiens avec une sélection de projets du territoire pour évaluer les besoins en financement et accompagner les porteurs de projets dans leurs candidatures aux financements du plan de relance, mesure 13 (volet B) ;
  • Restitution collective : présentation d’une synthèse des résultats, et réflexion collective sur la hiérarchisation des principales actions à mener.
Fig. 2 : Étapes du diagnostic de la Stratégie Alimentaire Territoriale

Résultats : une base pour la future stratégie alimentaire

Le cœur du travail est compilé dans un rapport visuel qui retrace l’analyse de l’écosystème alimentaire du territoire de l’Eurométropole de Strasbourg. Une version synthétique du document est extraite, à destination des élus notamment.

Voici les autres livrables réalisés, classés par thématique :

  • Diagnostic des flux alimentaires
    • Visuels d’analyse quantitative (graphiques, schémas)
    • Recommandations d’actions pour poursuivre le diagnostic
    • Tableau de recensement des informations sur les flux alimentaires
    • Dossier de recueil des informations disponibles sur les flux alimentaires

  • Cartographie de l’écosystème alimentaire (interne et externe)
    • Visuels d’analyse qualitative et quantitative (graphiques, schémas)
    • Recommandations d’actions pour approfondir les actions de la collectivité (interne) et accompagner les acteurs du territoire (externe)
    • Annuaire et qualification des partenaires de l’écosystème alimentaire
    • Comptes-rendus des entretiens menés avec les services de l’EMS sur la thématique alimentation
    • Liste des établissements de l’écosystème alimentaire de l’EMS, obtenue à travers la base SIRENE

  • Évaluation des actions de l’EMS selon le Pacte de Milan
    • Tableau synthétique d’évaluation des actions au regard des axes du Pacte de Milan
    • Tableau détaillé, avec la qualification de chaque projet dans un domaine d’impact
    • Sélection de bonnes pratiques de villes signataires du Pacte de Milan dans les voies d’amélioration identifiées pour l’EMS

  • Compilation des recommandations
    • Liste des recommandations d’actions par thématique : gouvernance, santé et nutrition, équité sociale, production agricole, approvisionnement et distribution, gaspillage alimentaire.
    • Hiérarchisation provisoire des recommandations basée sur un atelier d’intelligence collective avec les équipes internes de la collectivité.

Prochaines étapes : concertation et délibération

Le souhait est d’utiliser le cadre du Pacte de Milan, donc les Objectifs de Développement Durable, pour identifier les objectifs et structurer une gouvernance multi-échelle et une animation multi-partenariale.

Après avoir rassemblé et consulté les principaux acteurs locaux de la transition alimentaire, l’objectif est de renouveler la labellisation PAT du niveau 1 vers le niveau 2. Courant Juin, une concertation large avec l’ensemble des partenaires du territoire sera engagée pour permettre ensuite une rédaction de délibération à l’automne.

Fig. 3 : Partenaires de la transition alimentaire

Fig. 4 : Photographie de Highland Cattles, quartier de la Robertsau à Strasbourg
(Crédits : Pierre Buchert)

Pour aller plus loin …

Retrouvez toutes les ressources sur la transition agri-alimentaire en Grand Est

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