Définition :
La biodynamie est une agriculture biologique pionnière et exigeante, labellisée, fondée sur la vitalité des sols, la biodiversité, le bien-être animal et la qualité des productions.
Son principe de base consiste à renforcer la santé et la vitalité du sol, des cultures et des animaux d’élevage par des pratiques respectant les cycles de la nature (rotation des cultures, engrais vert, fumure animale, respect des cycles cosmiques, etc.)
Une approche globale de la pratique agricole
La démarche de l’agriculture biodynamique s’appuie sur un élargissement de la compréhension de la relation de l’être humain avec la nature et, en conséquence, la manière de pratiquer l’agriculture. En ce sens, elle est une approche globale et holistique de l’agriculture et du jardinage.
Les pratiques spécifiques de la biodynamie : trois principes fondamentaux
L’organisme agricole : Concevoir la ferme ou le jardin comme un organisme agricole : c’est-à-dire une entité vivante, autonome et individualisée, composée d’« organes » – sol, plantes, animaux, hommes et environnement – qui interagissent et dépendent les uns des autres. La biodynamie est une agriculture circulaire qui travaille avec les ressources les plus locales qu’il soit, les ressources de la ferme elle-même, en limitant l’achat d’intrants extérieurs ((fertilisants, fourrage, de produits de soin des plantes) au maximum. Son objectif est de favoriser au maximum l’autonomie des paysans ainsi que la souveraineté alimentaire si souvent invoquée ces derniers temps. Développer la souveraineté alimentaire consiste à produire pour nourrir en priorité les proches, les habitants de la région. (Voir l’article 15.4 de la définition du mouvement agricole La Via Campesina adoptée par l’ONU)[1] .
Le cahier des charges de la biodynamie (label Demeter) plus exigeant que le bio oblige par exemple les éleveurs à produire 80 % de l’alimentation de leurs animaux.
Il est aussi essentiel de laisser place à la nature spontanée, sauvage dans l’unité vivante que constitue la ferme pour son équilibre écologique et sa « robustesse ». (10 % de zones de biodiversité minimum). Mares, haies, talus, bosquets, permettent ainsi de créer un maillage du paysage offrant un espace de vie pour tout le monde vivant. Bien évidemment aucun engrais et traitement de synthèse n’est autorisé car souvent ces substances se désagrègent en métabolites encore plus toxiques dans l’eau[2].
Les préparations biodynamiques : Pour activer la vie du sol en stimulant la vie microbienne, on emploie un compost de qualité, enrichi des extraits de 6 plantes médicinales (pissenlit, camomille, etc.) prévenant les déséquilibres du sol. Pour renforcer la qualité gustative et nutritionnelle des aliments, on pulvérise deux autres « préparations » spécifiques à base de bouse de vache fermentée et de poudre de silice. L’ensemble des pratiques biodynamiques visent à stimuler la santé des plantes et leur résistance aux maladies et aux aléas climatiques, ce qui est confirmé par un nombre croissant de résultats scientifiques. Finalement, on obtient une productivité optimale d’aliments sains et savoureux.
L’influence des rythmes cosmiques : Travailler avec les rythmes cosmiques : tenir compte des influences et des rythmes du Soleil, de la Lune, des planètes, et des constellations zodiacales.
À la souveraineté alimentaire citée plus haut doit s’ajouter la notion de souveraineté et dignité des paysan-ne-s. Un jeune paysan en transition vers la biodynamie nous disait récemment : “ mais oui, moi je suis heureux de pratiquer l’agriculture. Non pas que ce soit facile mais parce que la biodynamie me donne de la hauteur de vue, me permet de comprendre mon rôle pour l’ensemble du vivant. Elle me donne aussi une perspective positive vers l’avenir. Et ceci me rend heureux. »
La qualité alimentaire
L’agriculture biodynamique développe aussi une compréhension dynamique de l’alimentation. Nous ne nous nourrissons pas seulement de substances. L’alimentation comporte différentes dimensions. Bien sûr, nous devons d’abord absorber des substances nutritives, mais au-delà de cela, nous recherchons aussi de l’énergie et de la vitalité. Les qualités sensorielles sont également importantes pour le plaisir de manger. Une étude a montré que les vins biodynamiques ont un goût jugé « meilleur ». (Magali A. Delmas et Olivier Gergaud, Ecological Economics (febr. 2021).DOI:10.1016/j.ecolecon.2021.106953.)
Ces différentes « couches » de la qualité de l’alimentation représentent un véritable défi pour la recherche. Comment peut-on démontrer, ou au moins mettre en évidence de manière objective, la vitalité, voire la « qualité de la rencontre » avec un aliment ?
Avec ses partenaires, le mouvement biodynamique a développé plusieurs nouvelles méthodes pour explorer ces dimensions, notamment les méthodes morphogénétiques. (Athmann et al An update on image forming methods: structure analysis and Gestalt evaluation of images from rocket lettuce with shading, N supply, organic or mineral fertilization, and biodynamic preparations. in Organic Agriculture August 2021.)
Mais il existe un autre aspect essentiel de la qualité, particulièrement apprécié pour le vin : la qualité de la rencontre. Un aliment est-il totalement anonyme ou exprime-t-il un terroir, un paysage et les personnes qui l’ont produit ?
Comme le disait Philippe Faure-Brac, élu meilleur sommelier du monde en 1992 :
« La personnalité du vin s’exprime de manière plus unique. Il faut constater que les vins issus de la biodynamie semblent présenter davantage d’acidité et de profondeur. La différence la plus importante réside dans l’équilibre gustatif du vin. La minéralité est plus marquée et la personnalité du vin s’exprime de façon plus singulière… »
Les exploitations agricoles biodynamiques cherchent ainsi à développer des paysages diversifiés tout en produisant des aliments sains, qui reflètent l’atmosphère et le caractère du lieu où ils sont cultivés.
Ces aliments ont la capacité de stimuler les sens et invitent à une véritable rencontre au moment de la dégustation. C’est une rencontre avec le goût et les arômes propres aux légumes d’un lieu particulier, celui où ils ont été produits.
De la même manière qu’une rencontre entre deux personnes est souvent la plus enrichissante lorsque chacun possède une identité propre et différente, la rencontre avec un aliment ne peut être pleinement nourrissante que si celui-ci a développé une identité et une personnalité qui lui sont propres.
Développement en France :
À l’échelle internationale, la biodynamie, présente dans 65 pays, rassemble plus de 7 000 producteurs labellisés couvrant environ 250 000 hectares.
En France, elle réunit 1300 domaines sur plus de 33 000 ha.
4 associations contribuent au développement de la biodynamie.
Le MABD, basé à Colmar, fédération d’associations régionales assure information, formation et services pour pratiquer la biodynamie en agriculture et au jardin. Biodynamie Recherche qui assure une veille recherche et coordonne des projets de recherche de terrain.
2 autres organismes, Demeter France et Biodyvin, assurent le contrôle et la labellisation de presque 35 000 ha de terres produits. En Alsace on trouve une diversité de fermes en biodynamie (polyculture-élevage, maraîchage, arboriculture) mais surtout de nombreux viticulteurs qui séduits par l’intérêt de la biodynamie permettant une meilleure résistance aux déséquilibres climatiques ainsi qu’offrant une qualité de vin exceptionnelle.
Conclusion :
La biodynamie est une agriculture pour l’avenir, écologique et éthique, dans le respect du vivant. Dans un système agricole et viticole à bout de souffle, elle constitue une réponse crédible, éprouvée et efficiente. Refondant radicalement le modèle agricole, elle crée de l’emploi, protège nos écosystèmes et offre une alimentation “plaisir” saine. Il est urgent de s’en inspirer.
Nombreux sont ceux qui se plaignent qu’il ne sert à rien de voter. Cependant, nous pouvons tous voter trois fois par jour de manière très efficace. En choisissant nos aliments, nous votons pour un certain type d’agriculture qui détermine un certain type de paysage et aussi un certain type de relation au vivant et même un certain type d’économie. Alors oui, votez à chaque repas en choisissant des produits bios ou biodynamiques.
Rédigé par Le Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique
[1]Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP).
[2] Fabrice Nicolino. C’est l’eau qu’on assassine. Ed. Les liens qui libèrent. 2025. C’est l’eau qu’on assassine
Dernière modification le 15 juillet 2026 par Hugo – Animation Réseau PARTAAGE

